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Un nouvel élan pour Jouarre et ses hameaux

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Finances de Jouarre : regarder la réalité pour mieux préparer l’avenir

  • Photo du rédacteur: Gabriel Dagorn
    Gabriel Dagorn
  • 17 févr.
  • 4 min de lecture

Derrière les chiffres d’une commune, il y a une question simple : quelle capacité aurons-nous demain à agir pour Jouarre et à préparer son avenir ?


Parler des finances municipales n’est jamais un exercice facile. Les données peuvent paraître techniques, parfois abstraites. Pourtant, elles ont des conséquences très concrètes sur la vie quotidienne : entretenir nos écoles, rénover les bâtiments publics, sécuriser nos voiries, accompagner les associations ou encore investir pour les générations futures.


À Jouarre, nous avons fait le choix de ne pas nous contenter de formules ou de comparaisons rapides. Notre responsabilité est d’examiner les chiffres publics avec sérieux, transparence et lucidité, afin que chacun puisse comprendre les enjeux réels.


La dette : un indicateur utile, mais qui ne suffit pas à lui seul

Fin 2024, l’encours de la dette communale s’élève à environ 3,05 millions d’euros, soit près de 700 € par habitant. Pris isolément, ce niveau situe Jouarre dans la moyenne des communes de taille comparable. Il ne s’agit donc ni d’alarmer inutilement, ni de dresser un tableau excessivement sombre.


Mais la dette ne se résume pas à un montant. La vraie question est ailleurs :

  • À quels projets a-t-elle servi ?

  • Ont-ils été structurants et durables ?

  • Et surtout, la commune dispose-t-elle aujourd’hui des marges nécessaires pour l’assumer sereinement ?


Car une dette n’est pas un problème lorsqu’elle prépare l’avenir. Elle le devient lorsque les capacités financières se réduisent.


Le véritable point de vigilance : notre capacité d’épargne

Au-delà du niveau de dette, le sujet central est celui de la capacité d’autofinancement (CAF) ; autrement dit, l’épargne que la commune parvient à dégager chaque année pour investir sans dépendre excessivement de l’emprunt.


En 2024, cette capacité s’élève à environ 204 000 €.

Dans le même temps, le remboursement annuel du capital de la dette mobilise une part très importante de cette épargne.


Concrètement, une fois ce remboursement assuré, les marges restantes pour financer de nouveaux équipements ou faire face à des imprévus demeurent limitées.

La capacité de désendettement atteint ainsi environ 15 ans, quand la moyenne des communes comparables se situe généralement autour de 5 à 8 ans.


Ce n’est pas un jugement, simplement un constat qui invite à la prudence et à une gestion particulièrement rigoureuse pour les années à venir.

Notre objectif n’est évidemment pas de ralentir les projets dont Jouarre a besoin. Il est de reconstituer progressivement des marges de manœuvre, afin de pouvoir investir sans reporter excessivement la charge sur l’avenir.

Car bien gérer une commune, c’est aussi préserver sa liberté d’action.


Un budget équilibré… mais qui appelle à la vigilance

Le budget de fonctionnement de Jouarre se situe entre 3,8 et 4 millions d’euros par an. Il est présenté comme équilibré mais cet équilibre repose en partie sur des restes à réaliser.

Une analyse approfondie sera nécessaire pour bien distinguer ce qui relève d’une gestion normale de ce qui pourrait devenir une contrainte à moyen terme.


Par ailleurs, une ligne de trésorerie d’environ 350 000 € est mobilisée chaque année. Cet élément mérite d’être analysé, car il renseigne concrètement sur les tensions de trésorerie et l’équilibre financier de la commune.


Des leviers souvent évoqués… mais aux effets limités

Plusieurs solutions sont régulièrement avancées pour améliorer la situation financière. Nous les connaissons, mais nous ne voulons pas fonder notre action sur ces leviers : vendre le patrimoine communal, jouer uniquement sur un rééchelonnement de dette, ou augmenter les impôts.


La vente d’actifs : Jouarre dispose de peu de biens cessibles capables de rééquilibrer durablement les comptes, et nous ne souhaitons pas vendre ces « biens de tous ».


Le rééchelonnement de la dette : cette option existe, mais elle ne constitue pas une solution en soi, d’autant que les conditions de taux sont aujourd’hui moins favorables.


L’augmentation des impôts : une hausse de 1 % ne rapporterait qu’environ 20 000 €, pour un impact immédiat sur le budget des ménages. Nous ne voulons pas augmenter les impôts.


Notre ligne de conduite : sérieux, méthode et responsabilité

Les marges de progrès se situent avant tout dans notre manière de gérer.

Notre engagement est clair :

  • faire en sorte que chaque euro dépensé soit utile et durable ;

  • traquer les dépenses évitables ;

  • investir en priorité dans des projets générant de vraies économies, notamment énergétiques ;

  • renforcer la régie technique pour limiter le recours excessif à des prestataires lorsque cela est pertinent ;

  • réexaminer certaines prestations, notamment informatiques ;

  • et, lorsque des partenaires sont nécessaires, s’appuyer davantage sur les dispositifs de mutualisation proposés par l’agglomération, souvent plus avantageux.


Chaque investissement devra s’inscrire dans un plan pluriannuel clair, étalé sur la durée du mandat et accompagné d’une recherche active de subventions. Les montants obtenus ces dernières années montrent qu’il existe, selon nous, une marge de progression réelle.

Bien gérer aujourd’hui, c’est préserver notre capacité d’agir demain.


Agir avec lucidité, sans posture

Nous ne prétendons pas avoir toutes les réponses dès maintenant. En revanche, nous avons une conviction forte : la situation financière d’une commune doit être abordée sans slogans ni raccourcis, avec transparence et sens des responsabilités.

Si les Jotranciennes et les Jotranciens nous font confiance, nous engagerons dès le début du mandat un audit financier complet. Il permettra de disposer d’une vision claire, partagée et objective des engagements existants et des marges de manœuvre réelles.


C’est à ce prix que nous pourrons sécuriser l’avenir financier de Jouarre, retrouver des capacités d’investissement et continuer à faire avancer la commune avec prudence, mais aussi avec ambition.


Parce qu’au fond, bien gérer une commune n’est pas seulement une affaire de chiffres.

C’est avant tout un engagement envers celles et ceux qui y vivent, aujourd’hui comme demain.

 

 
 
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